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samedi 21 août 2010

Trekking to Lohagad Fort ... (et quelques réflexions sur le machisme)

Oh my god, j'ai tellement de retard sur mon blog ! Il faut dire qu'en ce moment je bosse pas mal, et que d'ailleurs je vais continuer à bosser pas mal toute l'année. Contrairement à ce que je pensais, je ne vais pas travailler beaucoup moins que pendant les deux premières années de Scube. Anyway, cet article ne concerne pas mes désillusions estudiantines mais un super trekking que j'ai fait il y a une dizaine de jours.

Ce sont deux garçons de ma classe de Biochemistry and Plant Physiology qui ont eu l'idée d'organiser une rando dans les Ghats Occidentaux, autrement dit une chaîne à l'Ouest du Maharastra regorgeant de grottes et de forts. J'avais déjà découvert l'arrière-pays de Pune avec Manon et Amit en voiture. Cette fois, je suis allée escalader les collines menant au Lohagad Fort accompagnée par 3 garçons de ma classe - Nikhil, Ashwan et Khaled -, la petite-amie et la soeur d'Ashwan ainsi que Manon, Miriam, Deb, Lucas, Claire-Ma et Abhijit (qui se revendiquent pseudo-couple mais qui ont l'air de très bien s'entendre tout de même ^^). Les autres Français étaient tous partis en voyage chacun de leur côté.


A 8h pétante, toute la petite compagnie s'est donc retrouvée à la Shivaji Nagar Station de Pune. Le train fut une sacrée expérience ! Déjà, il faut que tu devines où sera le compartiment réservé aux femmes. Oui, ça fonctionne comme ça ici. Les dames peuvent monter dans les compartiments mixtes mais vu comment les hommes sont excités la plupart du temps (soit à cause de l'alcool, soit à cause de leurs hormones), il est plus prudent pour elles de se regrouper (j'ai envie de dire ironiquement "entre individus du sexe faible"). Au premier abord, c'est assez choquant (imaginer le RER divisé en voitures "hommes" et voitures "femmes"!). Et puis, peu à peu, tu prends du recul par rapport à ta position d'Occidental croyant fermement en les Droits de l'Homme. Certes, d'un côté l'existence même de voitures réservées aux femmes contribue sûrement à renforcer le machisme. Mais d'un autre coté, ceci ne fait que refléter une situation sociale  profondément ancrée dans les mœurs qui nécessite des années pour changer, ...probablement le temps que la nouvelle génération devienne parent et élève ses enfants avec des valeurs libérales et humanistes.

Mais revenons à nos moutons. Sur le quai, il faut donc trouver le compartiment des femmes en même temps que le train arrive ou en jouant avec les probabilités selon le nombre de femmes à tel ou tel endroit du quai (tu te dis que s'il y en a quelques unes au même endroit, elles doivent être habituées et savoir où il faut attendre). Mais c'est une fois que le train arrive que les choses sérieuses commencent : il ne s'arrête pas plus d'une minute en gare ! Du coup, tout le monde pousse car personne ne veut rester sur les quais. Nos camarades indiens nous avaient prévenus : il faut pousser autant que l'on peut !! Vu le vide qu'il y a entre le train et le quai, je plains les grands mères. Bon au moins, les mamans n'ont pas à s'inquiéter pour les doigts de leurs enfants (qui ont le droit de monter avec elles quelque soit leur sexe) : ils ne risquent pas de se les pincer, il n'y a pas de porte !


Une fois rentré dans ce fameux train vert/gris roulant à 30 km/h (ce n'est pas une façon de parler, il roule vraiment à 30km/h), il faut essayer de trouver une place assise. Mission : faire rentrer 5 personnes sur un banc de 3 sièges.^^ Easy! Si si, je vous jure ! Il suffit juste de croiser quelques jambes, de caser un gosse dans un coin et ses sacs en dessous du siège. Sinon, il y a le confort intermédiaire : ni sur le banc, ni suspendu à une barre tel un jambon de Parme en train de sécher, tu peux te retrouver assis par terre. Mais à mon avis, ce n'est pas possible dans le compartiment des hommes vu comment eux ils sont serrés (pire que des maquereaux dans une boîte taille sardines).

Après 1h30 de voyage, nous sommes enfin arrivés à Malawli un peu la tête dans le coltard (en tout cas pour ma part^^). Après un petit chaï/café (Nescafé au lait hyper sucré bien entendu), nous nous sommes donc attaquer aux 9 kilomètres qui nous séparaient du Lohagad Fort. Cela signifie littéralement "Iron Fort" en Marathi, la langue du Marahastra (autrement dit un des 3000 idiomes locaux en Inde). Je suppose que c'est parce que le fort a été construit à partir de matériaux provenant du sol rouge ferreux des environs.


Le début du trekking était assez facile : on s'est échauffé par un ou deux kilomètres de route dans la campagne. Ce fut aussi l'occasion de rencontrer quelques buffles, quelques maisons traditionnels et quelques gentils Indiens. Voici la photo d'une Indienne nous ayant offert gracieusement ses toilettes. Elle était à la fois très enthousiaste à l'idée d'être photographiée avec une Française et assez gênée, portant encore ses habits de travail et n'ayant pas le temps de se changer.

L'aller était magnifique au matin, la brûme ne s'étant pas encore levée. Le paysage montagneux vert, les cascades blanches, le sol rouge et le ciel gris se mariaient de manière fantastique. Fantastique, c'est le mot. J'avais parfois l'impression de me retrouver en plein milieu d'une scène du Seigneur des Anneaux.^^ 


Après 3 heures et demi de marche entrecoupée de poses "snack" et poses photos, nous sommes arrivés aux pieds du Fort à proprement parler. Plus que 500 marches à escalader ! (enfin "marches"... ça reste à discuter à certains endroits). Mais avant cela, pause lunch dans un petit bouiboui pour se ressourcer et recharger ses batteries. Ce fut l'occasion de rencontrer Pierre et Paul, deux de nos camarades Sciences-potistes en 3A expatriés à Mumbai ! Même à l'autre bout du monde dans un coin perdu au cœur de la forêt et des collines, on arrive toujours à la même conclusion : "Oh God, le monde est tout petit!".
 

La montée des marches valait vraiment la peine... Vue imprenable sur la vallée au milieu de nos amis les singes ! Au départ, on était trop enthousiaste de voir des singes, du coup on essayait de les prendre tous en photos. Et puis quand on s'est aperçu qu'une horde entière avait élu le fort comme résidence permanente, on s'est un peu calmées.^^ C'est quand même frappant à quel point ces primates nous ressemblent...

Un autre surprise nous attendait encore au sommet de la colline au milieu des vestiges : après avoir vu des cascades toute la journée, on a eu le droit à une "source à l'envers". J'explique le concept : l'eau ne jaillit pas vers le bas mais vers le haut, le vent emportant les gouttelettes d'eau en amont vers les vestiges. Comme quoi on n'a rien inventé : les singes prenaient connaissaient le brumisateur bien avant nous !^^
On a mis 3 bonnes heures pour tout redescendre. Au passage, le soleil a chassé la brume et Manon, Lucas et moi avons pas mal cramé. J'avoue que j'étais assez effrayé de refaire une allergie au soleil et de me retrouver le lendemain matin avec le visage doublé de volume et la peau décomposée (comme ça m'est déjà arrivée).^^ Heureusement, personne n'a eu l'occasion de me voir avec une tête de gogole morte-vivante. Ouf! On est arrivé à la gare juste au moment où le précédent train partait, ce qui nous a obligé à attendre une heure de plus et ce qui a permis à Lucas de se découvrir des côtés jusqu'alors inexplorés.^^


Cette journée aurait pu tout de même mieux se terminer si Ashwan n'avait pas frappé sa soeur deux fois en public pour des raisons inconnus. Cet incident a scandalisé Miriam qui l'a très mal vécu en tant que féministe. Je ne sais pas s'il faut avoir honte ou pas de notre réaction, mais nous - les autres Français - n'avons rien fait. Pour ma part, j'ai ressenti de l'impuissance, un sentiment de fatalité. Oui, frapper sa soeur est scandaleux, oui on n'aurait du réagir pour faire comprendre à Ashwan qu'on ne traite pas un être humain ainsi. D'un autre côté, je ne le connaissais pas, ma parole n'aurait eu aucune importance à ses yeux (comme celle de Miriam n'a pas eu beaucoup d'importance). Et puis comment changer les valeurs d'une société ? C'est tellement normal pour certaines personnes ici de frapper le sexe faible... Pas pour tout le monde. Nikhil était assez choqué également. Mais sa réaction "Il aurait au moins pu éviter de le faire en public" laisse beaucoup à penser... Peut être aurais-je du réagir car on ne perd jamais son temps à vouloir améliorer ne serait-ce qu'une personne. Mais l'ampleur de la tâche vous désarme et vous laisse de l'autre côté d'une barrière culturelle... 

Au retour, le train s'est avéré encore plus folfklo qu'au matin : "Tu peux faire presque la moitié de ton marché rien qu'en restant assise dans un train !", dixit la petite-amie d'Ashwan (que je plains d'ailleurs en tant que future épouse). Vendeurs de gâteaux, de portes-clefs, de crayons 4 couleur (nouveau gadget exporté en Inde), de cartes ferroviaires, de bijoux, de vernis à ongle... Incroyable ! Encore une occasion de s'étonner quand le vendeur de beignets a déchiré un livre pour faire des cornets avec le papier.

L'Inde, ses habitants, sa culture... Je ne finirai pas de m'étonner même si désormais, après deux mois passé ici, je me sens réellement chez moi à Pune. Non plus comme une touriste ni même comme une étrangère expatriée, mais comme une immigrée qui s'est installée pour vivre un an ici entre le flot de la vie quotidienne et la découverte d'un ailleurs.

mardi 3 août 2010

Temples, countryside and waterfall… followed by a journey to Paradise

Depuis que je suis arrivée en Inde (cela fait maintenant 6 semaines), vous devez vous demander pourquoi je ne suis pas encore partie voyager. En fait, ce n’est pas une question de mauvaise volonté. Manon et moi avons proposé plusieurs fois à nos chers compatriotes sciences-potistes de se bouger, mais personne n’avait l’air très motivé. Il faut aussi dire que je suis plus ou moins malade depuis 3 semaines-1 mois et que ça va de pire en pire. Du coup, je ne préfère pas trop sortir sous la pluie battante de la mousson, ce qui élimine directement toute possibilité de faire une rando par exemple. Et puis je viens seulement de me sortir de mes galères administratives universitaires qui m’empêchaient d’avoir un emploi du temps fixe et donc de prévoir de grandes sorties. Mais mine de rien, on a tout de même fait quelques visites.

Il y a quinze jours, nous avons goûté à la spiritualité hindoue. Nous sommes allées visiter deux temples dans Pune, deux parmi les centaines d’autres disséminés dans la ville s’élèvant majestueusement ou ornant discrètement le coin d’une rue. J’étais déjà allée à cet endroit avec Florence et Audrey mais je tenais à y emmener Manon (ça tombait bien, elle en avait envie). 

Les deux temples se nomment Jungli Maharaj Mandir et Pataleshwar Cave Temples. Le premier est « traditionnel » dans le sens où c’est une salle ouverte très colorée et construite principalement en bois. Comme tout temple, il est entouré par un jardin qui donne une atmosphère très particulière à l’endroit.  Le seul détail qui rappelle que nous sommes dans un pays en développement est le toit en tôle. Ce temple est l’endroit idéal pour se poser, méditer, faire un break loin du stress et de la rapidité monde moderne. Je ne suis pas rentrée dedans à proprement parlé, je suis restée dans le jardin. Je n’ai pas osé, cela aurait trop intrusif. J’ai enlevé mes sandales et cheminé dans le jardin, en en rempliqqant mes poumons de ce doux parfum d’encens. Après ce petit voyage spirituel, Manon et moi nous sommes dirigées vers le deuxième temple, le Pataleshwar Cave Temples. L’architecture de celui-ci est complètement différente : il est taillé dans la roche dans le style troglodyte, datant du VIIIème siècle après Jésus Christ. A l’origine, il était situé hors de la ville mais aujourd’hui il se trouve en plein milieu d’un des quartiers centraux de Pune. Nous ne sommes pas non plus rentrées à l’intérieur mais nous avons marché autour de ce temple ressemblant étrangement aux vestiges celtiques que l’on peut trouver en Bretagne. Petite Anecdote : quatre indiens nous ont demandé s’ils pouvaient poser pour une photo avec nous ! On a accepté à moitié gênées d’être prises pour des attractions à moitié amusées… mais c’était si gentiment demandé, on ne pouvait pas refuser. Mais the best thing was : les écureuils ! Ils y en avaient plein dans le jardin ! On s’est posé par terre sur la pierre avec Manon et on a passé dix minutes à les regarder, les photographier et les filmer. Je n’ai pas pu m’empêcher de penser à mon écureuil préféré, même si celui que je connais ressemble plutôt à un drôle d’hybride entre une huître, un félin et une cacahuète. Anyway, I really loved this afternoon.  

L'entrée de Jungli Maharaj Mandir Temple
Jungli Maharaj Mandir Temple
Pataleshwar Cave Temples














Le week-end dernier, Amit nous a emmenées dans la campagne de Pune. J’ai presque honte à dire que c’était la première fois que nous sortions de la ville, mais toujours est-il que cette première fois valait vraiment le coup. A l’origine, on devait rencontrer un gourou-astrologue. J’ai vraiment envie de découvrir de nouvelles choses, d’être étonnée, de vivre de nouvelles expériences. Donc j’avais demandé à Amit s’il pouvait nous amener le voir.

So, no way to negociate : lever 6h30, douche et direct dans la voiture pour ¾ d’heures de route dans les collines vertes fluos et humides du Maharastra. Finalement, nous sommes arrivés à un temple à l’heure de la prière du matin, hyper coloré, très fleuri et embaumant l’encens… Mais là, déception : l’homme qu’on devait voir a décidé de ne pas « travailler » ce jour-là parce que c’était le « Teacher’s Day », un point c’est tout. Selon Amit, ce n’est pas le genre de personne avec qui on peut négocier. Donc pas de gourou ce jour là !


Un temple au milieu de nulle part à l'heure de la prière du matin

Cependant, nous ne sommes pas sortis dans la campagne de Pune pour rien : Amit nous a ammené à une cascade. Mais attention, pas le genre de petite cascade qu’on trouve en bord de route dans les Alpes ! Une vrai cascade avec du courant, des tourbillons et tout ça ! ^^ Je me sentais comme partie à l’aventure, marchant pieds-nu sur les rochers et me baignant presque sous la cascade. Bon, j’avoue ce n’était pas très malin de ma part vu que j’étais déjà malade et très fatiguée à cause de mes récentes insomnies mais c’était tellement excitant ! Et puis j’aimais bien aussi le côté risqué du truc du genre « J’espère que je ne vais pas être mordue ou piquée par une bêbête bizarre traînant dans une flaque d’eau ou quelque chose comme ça ! ». Bon, en même temps, j’étais beaucoup plus rassurée que Manon qui elle n’était pas sous traitement antipaludique alors que je l’étais encore à l’époque !^^ (J’ai arrêté étant donné que j’étais pas en grande forme, que je ne voulais pas encore plus affaiblir mon système immunitaire et que Pune est en zone très peu exposée ; je n’en prendrai que pendant mes voyages.)


















J’avoue que le petit chaï après cette aventure aquatique n’était pas de refus !^^

Tout le long du chemin, nous avons vu de très beaux paysages. Mais le plus beau était très certainement celui-ci :


L’herbe verte fluo, la terre rouge et le lac réfléchissant la lumière de ce ciel si étrange digne d’un tableau surréaliste…

Enfin, lundi dernier Manon et moi sommes allées visiter le Raja Dinkar Kelkar Museum : un musée typique où sont exposés plein d’objets traditionnels. Au moins j’ai appris que les « noddles maker » existaient déjà en Inde au XVIIIème siècle ! Je n’ai pas de photos à vous montrer car il fallait payer un supplément assez conséquent pour y être autorisé.

Hier (dimanche après-midi), on aurait du aller faire une excursion dans les vestiges d’un fort à 45 minutes de Pune mais j’ai été vraiment trop malade samedi donc j’ai préféré rester à l’appart’, ou du moins pas trop loin… Du genre je me suis autorisée à sortir pout me faire faire un massage dans un hôtel 4 étoiles, massage qui ici m’a coûté un 1/5ème du prix que j’aurai payé en France : 550 roupies, soit à peine 10 euros. C’était juste exquis : tu te laisses masser tout le corps à l’huile essentiel ayurvédique pendant 45 minutes… Le paradis ! :D

Juste, pour que personne ne s’inquiète : j’ai attrapé une infection gastroduodénale parce que j’étais fatiguée et que mon système immunitaire était fortement affaibli à cause d’une tourista suivi de 15 jours de rhume, mais je suis bien soignée et je vais déjà beaucoup mieux comparé à avant-hier. Donc don’t worry, I’m not gonna die ! ^^

mercredi 21 juillet 2010

Welcome to Pune University !

19 juillet 2010 : Début des cours !

Cela ne me rend pas particulièrement heureuse mais vu que j’étais censée commencer mi-juin - et pas mi-juillet - le point d'exclamation me semble nécessaire.

So... Welcome to Pune University !


Après quinze jours de travail de recherche archéologique acharné, j'ai enfin réussi à trouver toutes les informations que je voulais obtenir à propos des cours dans les différents "departments". Pas facile d'élaborer un emploi du temps sans conflits horaires tout en respectant plus ou moins le contrat pédagogique. Mais c'est bon, je suis rodée pour le second semestre ! Maintenant je sais que personne ne connaît l’emploi du temps des cours moins de 3 jours avant la rentrée  et que pour obtenir les syllabi « updated » sur le site de l’université il ne faut pas aller dans la section « 2010 » mais « 2008 »... Evidemment, comment aurais-je pu ne pas y penser ??
Petite capture d'écran du site de l'université, juste pour le plaisir !
 
Au final, après avoir réussi à expliquer que j’étais une « casual student » et donc que je pouvais faire les cours que je voulais sans être admise dans tel ou tel master, je me suis inscrite en Sciences de la Santé et en Microbiologie.
 
La head of department de Sciences de la Santé est très dynamique, à la fois sévère et maternelle, elle est super ! Croyez-le ou non mais elle est la seule de toute l'Inde à avoir pensé à créer une école interdisciplinaire de santé publique. Elle s'investit énormément et à envie d'offrir le meilleur à ses étudiants. Vous imaginez, on utilise même des Power point et un google group en cours… ça change des pupitres datant du 19ème siècle ! Au premier semestre, je vais suivre deux cours dans ce "department" : Introduction to Public Health et Human Physiology. Ce sont des cours de qualité avec des déplacements sur le terrain, des débats et des interros toutes les semaines. Moi qui pensais prendre un peu de vacances en Inde, c’est raté !^^
 
 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
Pour la Microbio, je vous passe les détails : comme le département n’est pas encore passé au système des crédits, chaque module fait un ou deux crédits et n’a lieu qu’une ou deux fois par semaine. J’ai donc pris 8 cours, chacun étant spécialisé sur un point précis d’Immunologie, de Biologie cellulaire, de Microbio ou de Biotechnologie. J’espère que ça ira à Mister Vergé (avec un accent s’il te plait Léa !^^) parce que j’ai pas mal changé mon contrat pédagogique (normal, j’avais regardé les syllabi de 2010, pas de 2008^^).

 
 
Je n’ai jamais vu un campus aussi vert. Bon ok, je n’ai pas vu beaucoup de campus dans ma vie mais tout de même ! ^^ En fait, il ressemble à un petit village de campagne avec ses routes, ses sous-bois, ses petits chemins de terre et ses bâtiments espacés. Les plus anciennes bâtisses sont de style colonial, en bois et un peu bancales, ce qui leur donne un certain charme. Certes, les nouvelles constructions en béton ne font pas très « campagne » mais elles se fondent plutôt bien dans le paysage. Le plus agréable, ce sont tous ces petits parcs boisés. D’ailleurs, tout le monde s’accorde à dire que des racines c’est fait pour être sous terre et des branches dans l’air, n’est ce pas ? Et bien non ! Ici, les racines des arbres sortent du sol et leurs branches plongent dans la terre ! Oui, j’avoue j’ai été un peu étonnée au début. ^^ En fait, tous les jours je suis plus ou moins surprise par ce qu’on peut trouver à l’université. Hier, je suis tombée sur une allée bordée par des arbres dont les branches avaient été orientées de telle façon à former un petit portique au dessus d’un escalier. Je me serai crue chez les elfes ! (Promis, vous aurez une photo).
 
Ou, dans le registre cocasse, on peut aussi trouver ce panneau sur le bord de la route ^^ :
 
 
En tout cas, j’aime cette université. L’ambiance est calme, sereine… On s’y sent bien. Il ne faut juste pas aller à l’International Center. ^^
En fait, ce qui est drôle, c’est que juste devant l’entrée principale il y a un ENORME carrefour où se croisent 4 routes à 3 voies. Le bruit, la pollution, les klaxons, les motos… tout y est pour t’énerver! Du coup, c’est comme si tu plongeais en Enfer pendant 3 minutes pour ensuite mieux apprécier le calme du campus une fois que tu y es rentré. 


dimanche 4 juillet 2010

Plongée dans un chaos vert organisé

Quand je suis arrivée à Pune, j’ai été stupéfaite par la densité de la circulation dans les rues et le brouhaha incessant qui s’en élevait. J’ai véritablement eu l’impression d’être plongée dans une marée humaine motorisée. Pourtant, ce n’était pas la première fois que je mettais les pieds dans une métropole de pays en développement… Peut-être que cette fois-ci les bruits et les images aiguisaient davantage mon attention parce que je savais que j’allais rester ici pendant un an.



Parmi touts les moyens de transport que l’on peut rencontrer – voiture, bus, « goods carrier », cyclomoteur, vélo, vache, biquette,… – il y en a un qui se détache particulièrement du lot : le rickshaw.


Ce drôle de véhicule est une sorte de taxi jaune et noir à trois roues. Je suis sûre qu’en faisant un arbre phylogénétique, on trouverait qu’il provient de l’accouplement d’une moto et d’une plaque de taule cabossée. Au cours de l’évolution, le rickshaw primitif a du subir diverses mutations et donné naissance à différentes espèces : certains ont un klaxon strident, d’autres font un bruit enroué comme s’ils imitaient le son d’un disque rayé, d’autres encore pétaradent. En revanche, tous les rickshaws muets se sont éteints : ils devaient être trop vulnérables face au trafic chaotique de la métropole… ils n’ont pu survivre selon l’implacable loi de Darwin.


Un chaos certes, mais un chaos organisé.
Comme dans toutes les métropoles indiennes, le passé rencontre le présent, la mondialisation grignote les traditions et la culture indienne se transforme au contact de la technologie et des mœurs importées d’Occident.
Les centres commerciaux flambant neufs s’élèvent à côté des petites maisons coloniales tandis que des centaines de petites échoppes en taule proposant de tout et de rien peuplent le trottoir. Sans compter les petits maraîchers qui posent leur charrette dans un coin et vendent leurs bananes, concombres et autres fruits inconnus des lointaines contrées européennes.
Parfois, on a l’impression que toute cette fourmilière va disparaître sous les hôtels de luxe en construction et sous la pression de la « modernisation ». Déjà, les mannequins minces à la peau claire monopolisent les panneaux de publicité et les boutiques de type Promod, Rolex et Vodafone font tâche d’huile. L’Occident est vu comme un modèle de réussite, LE modèle qui semble promettre bonheur et prospérité.

 














Et nous, petits blancs expatriés, nous sommes dévisagés à tous les coins de rue (surtout quand on se promène avec deux filles en cheveux courts ^^), du genre « Ah, les blancs existent pour de vrais alors ? » ou bien « Quelle décadence ! ». Souvent, on a également le droit à des petits rires sur notre passage : c’est vrai qu’il est assez rare de voir de drôles de larves blanches bipèdes avec éventuellement de gros yeux de mouches quand on porte des lunettes de soleil !


Il me reste encore à justifier l’adjectif « vert » censé qualifier Pune.
Cela peut étonner, mais cette métropole cache de nombreux jardins aux détours de ses petites ruelles. Même si pour l’instant je n’ai pas encore vu de vrais parcs, il suffit de s’éloigner un peu des grandes routes pour trouver des endroits calmes et posés.
Le premier week-end, je suis allée visiter le fort Shaniwar Wada où les premiers ministres de l’Empire du Maharastra siégeaient aux XVIIIème et XIXème siècles (avant que les Britanniques débarquent et nous fassent découvrir le thé !). C’est un endroit idéal pour se poser tranquillement par une après-midi de Juin, un bouquin à la main ou une plume au bout des doigts (reste qu’il faut réussir à ignorer tous ces Indiens qui te prennent en photo !.
Toujours est-il que l'endroit le plus vert est à cour sûr l'université... mais ça, c'est pour un autre post !